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Le conseiller stratégique du Chef de l’État, Vidiye Tshimanga, s’est fait piéger par des faux investisseurs qui ont diffusé une vidéo de près de 5 minutes montrant comment c’est lui qui est censé conseiller le président se livre à bras ouvert dans une forme de corruption et trafic d’influence pour convaincre aux investisseurs étrangers, voulant investir dans le secteur minier, de passer par lui s’ils veulent sécuriser leurs investissements.

Au cours de cette vidéo devenue virale, le conseiller stratégique du Chef de l’État, Vidiye Tshimanga, s’est illustré d’une manière fracassante sur la façon dont les politiciens jouent de leurs influences pour détenir des carrés miniers en RDC.

Ces révélations remettent sérieusement et en question la réelle volonté du Président de la République de lutter contre la corruption.

En arrivant au pouvoir, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi avait fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Martelant sur l’instauration d’un véritable État de droit, le chef de l’Etat avait décidé de créer l’Agence Congolaise de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC). Ce service fonctionne sous l’autorité directe du président de la république et a pour mission de réduire l’incidence à la corruption de 60% fin 2026. Cependant, sur terrain, les faits en disent le contraire.

Dans une enquête réalisée et publié le 31 août par le Groupe d’Etude sur le Congo, Ebuteli son partenaire de recherche en RDC et le Bureau d’Etude, de Recherche et de Consulting sur la perception de la corruption dans les institutions, quatre congolais sur dix ont clairement souligné que les institutions du pays sont toutes corrompues. Le gouvernement central (41%), les députés provinciaux (42,2%), les parlementaires (45,6%), les tribunaux (45,7%), et la police (48%).

Cet unième scandale pourrait porter un coup fatal aux investissements américains dans le secteur minier.

Lors de sa visite en RDC au courant de cette semaine, l’envoyé spécial du gouvernement américain, Amos Hochstein, avait souligné que les États-Unis seraient prêts à mettre de gros moyen dans le pays si et seulement si le gouvernement traduisait la volonté de lutter sérieusement contre la corruption en acte.

« Nous avons été très encouragés par le président Félix Tshisekedi au sujet de l’intérêt qu’il manifeste par rapport à la lutte contre la corruption. Nous voulons le voir en action. Nous souhaitons que ces paroles se traduisent en actions. Dans le secteur des mines, nous voulons voir une réduction significative de la corruption. Si ces progrès se réalisent, vous verrez les genres d’investissements que nous souhaitons voir en RDC » disait-il au cours d’une interview accordée à la presse locale après sa rencontre avec Félix Tshisekedi.

La RDC est classée 169e sur 180 pays dans le monde en matière de corruption en 2021 selon l’ONG Transparency International. Cependant il est claire que ce scandal de plus, au cours de cette année, risque de saper complètement les maigres efforts fournis jusqu’à présent dans la lutte contre la corruption.

Et si Jean-Marc Kabund a Kabund avait raison !

 

Lors d’une interview au lendemain de la sortie de son parti politique à Kinshasa accordée à nos confrères de RFI, l’ancien secrétaire général du parti au pouvoir, avait accusé le président Félix Tshisekedi et ses conseillers de tremper dans les détournements et les investissements dans les paradis fiscaux.

 » Quand je parle de détournement, les gens doivent comprendre que ce n’est pas une maison. Ce sont des centaines et des centaines de millions de dollars, placés dans des paradis fiscaux, placés dans des multinationales, ce sont des espèces sonnantes qui quittent le pays dans des jets privés. On doit comparer ça avec ma petite maison dans le faubourg de Kinshasa ? Cela dénote clairement la panique et la peur qu’ils expriment en disant des choses qui ne tiennent pas debout.  » Disait-il

Ce nouveau scandale vient confirmer la thèse selon laquelle, la présidence de la République est devenue le centre du népotisme, corruption, rétro-commission et autres mal qui appauvrissent la population congolaise longtemps courbée.

 

 

H Mpongo

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