À quelques jours du dépôt du projet d’édit budgétaire 2027, une question essentielle s’impose : le Kasaï est-il réellement capable de financer son propre développement ?
Les chiffres du budget 2026 sont éloquents. Sur un budget global de plus de 674 milliards de francs congolais, les recettes propres que la province prévoit de mobiliser ne représentent qu’environ 1,32 %. L’essentiel des ressources provient des transferts du pouvoir central et de l’appui des partenaires techniques et financiers.
Cette situation soulève un véritable enjeu de souveraineté financière. Une province ne peut bâtir un développement durable si elle dépend presque entièrement de financements extérieurs. Une telle dépendance réduit sa marge de manœuvre et l’expose aux retards de décaissement ou au désengagement éventuel de ses partenaires.
Pourtant, le Kasaï dispose d’importants atouts. Son potentiel agricole, minier, commercial et fiscal est considérable. Les marchés, les carrières, les activités économiques, les taxes et les redevances constituent autant de sources de revenus. Dès lors, pourquoi les recettes propres restent-elles aussi faibles ? S’agit-il d’un problème de mobilisation, de gouvernance, de fraude ou d’un manque de volonté politique ?
Le budget 2027 ne devrait pas se limiter à un simple exercice comptable. Il doit constituer une opportunité de repenser le modèle économique de la province. L’objectif ne devrait plus être uniquement d’attendre les financements extérieurs, mais de créer les conditions permettant au Kasaï de financer progressivement son propre développement.
Les députés provinciaux portent, à cet égard, une responsabilité majeure. Leur rôle ne consiste pas seulement à adopter le budget, mais aussi à demander des comptes sur la faiblesse des recettes locales et à proposer des mécanismes efficaces pour renforcer leur mobilisation.
Le développement d’une province ne se mesure pas uniquement à l’importance de son budget. Il s’apprécie également à sa capacité à produire ses propres richesses, à les mobiliser efficacement et à les gérer dans la transparence. C’est sur ce terrain que le Kasaï est aujourd’hui attendu.
Wa Bilolo
