Une organisation de la société civile Mouvement Solidarité des Femmes sur le Fleuve Congo (SOFFLECO) dans la province du Kasaï appelle le gouvernement congolais à tout mettre en œuvre pour que la justice soit faite en faveur des victimes de la pollution de la rivière Kasaï et Tshikapa deux ans après.
« Notre Organisation déplore l’indifférence du gouvernement central, des députés nationaux et provinciaux face à cette catastrophe provoquée par la pollution des eaux de rivières Tshikapa et Kasaï, suite au rejet des déchets toxiques de l’entreprise minière angolaise CATOCA Mining, qui a causé la mort d’au moins 12 personnes, des milliers de cas de diarrhées et maladies cutanées, il ya maintenant deux ans passées.
Nous exigeons que justice soit rendue en faveur de ces victimes », a déclaré la délégation du SOFFLECO en visite à Tshikapa pour s’enquérir de la situation.
Et d’ajouter :
« De surcroît, un rapport des experts d’une commission mixte congolo-angolaise était ressorti que cette catastrophe avait été causée par une entreprise minière Angolaise qui a reconnu les faits. De ce rapport, le Gouvernement congolais devrait exiger une réparation illico des dégâts causés, en se basant sur le principe de Justice climatique et Environnementale. Et des réparations devraient être faites en faveur des victimes »
Toutefois, SOFFLECO exige la mise en place d’une commission mixte d’experts, impliquant la Société civile et les Communautés locales en vue de la recherche urgente des voies et moyens de réparation et de Justice.
Malgré qu’à l’époque, le chef de l’Etat congolais avait dépêché la Vice-ministre et ministre de l’Environnement en province du Kasaï frappée par cette pollution le 26 août 2012, et une délégation gouvernementale composée des ministres de la Santé, de Pêche et Elevage des Affaires Sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale et du Développement rural pour se rendre compte de cette situation, jusqu’à présent la réponse idoine serait loin d’être trouvée en faveur des victimes.
Notons qu’à la fin du mois de juillet 2021, les eaux des rivières Tshikapa et Kasaï ont été colorées en rouge. Les poissons et d’autres espèces aquatiques ont été retrouvés morts planant le dessus des eaux.
Malgré l’appel des autorités provinciales aux riverains de l’utiliser ou en consommer, les conséquences étaient déjà enregistrées ».
Les 4 de 5 territoires de la province du Kasaï ont été touchés par cette pollution. Environ 968.000 habitants étaient affectés dont 161.490 ménages selon les statistiques du ministre des affaires sociales et des organisations non gouvernementales (ONGs) humanitaires.
Arsène KASAMPU
