Depuis la prise de Goma par le M23/AFC en janvier 2025, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a maintenu la régularité du paiement des fonctionnaires, y compris dans les territoires passés sous contrôle rebelle. Malgré ce geste salué comme un signe de responsabilité de l’État, des irrégularités sont signalées dans la chaîne de paiement, notamment au niveau d’IFOD et de Caritas/Goma, deux structures mandatées pour assurer la distribution des salaires.
Réunis autour d’une déclaration lue par le sénateur Safari Nganizi, les députés nationaux élus du Nord-Kivu ont dénoncé les dysfonctionnements observés. Selon eux, le gouvernement central libère à temps les fonds destinés aux enseignants, dans les mêmes délais que pour leurs collègues des autres provinces du pays, mais les bénéficiaires des territoires de Masisi, Nyiragongo et Rutshuru ne reçoivent pas systématiquement leurs salaires.
« Le gouvernement s’acquitte de son obligation. Les enseignants des zones sous contrôle du M23/AFC sont payés au même titre que leurs collègues, sans discrimination ni retard », ont martelé les parlementaires.
IFOD et Caritas/Goma dans le collimateur
Les deux structures de paiement, IFOD et Caritas, sont directement pointées du doigt pour leur gestion jugée opaque. Les élus exigent qu’elles procèdent sans délai au paiement des arriérés afin de permettre une rentrée scolaire apaisée, prévue le 1er septembre. Ils demandent également l’ouverture d’un audit financier pour faire la lumière sur l’utilisation des fonds publics qui leur sont confiés.
Dans leur déclaration, les parlementaires du Nord-Kivu se sont adressés directement au ministre de l’Éducation Nationale et de la Nouvelle Citoyenneté (ENNC), ainsi qu’à son collègue des Finances, afin qu’ils assurent un suivi rigoureux de la situation. « Il est impératif que les enseignants et les élèves de ces territoires ne soient pas victimes des lenteurs ou de la mauvaise gestion de certains intermédiaires », ont-ils insisté.
À noter que la régularité des paiements ne concerne pas seulement les enseignants. Médecins, infirmiers et autres agents publics des territoires sous contrôle du M23/AFC perçoivent leurs salaires normalement, preuve que le gouvernement congolais maintient ses engagements, même dans un contexte de guerre et d’occupation partielle du territoire.
Les élus du Nord-Kivu mettent en garde contre le risque de voir la crise salariale perturber la rentrée scolaire et accentuer la précarité des familles. Ils rappellent que la continuité du service public, en particulier dans l’éducation et la santé, est essentielle pour préserver la cohésion sociale dans une région éprouvée par le conflit armé.
FNK
