L’ancienne sénatrice et figure de l’opposition, Francine Muyumba, a vivement réagi ce mardi 3 février 2026 à l’éventualité d’une candidature de la République démocratique du Congo (RDC) au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Dans une déclaration publiée sur son compte Facebook, elle appelle à une approche plus structurée et moins émotionnelle de la diplomatie congolaise.
S’appuyant sur son expérience dans la conduite de campagnes internationales, l’ex-parlementaire souligne que le succès sur la scène mondiale exige une planification rigoureuse. Selon elle, la RDC semble agir avec précipitation : « Une candidature se prépare, elle ne s’improvise pas », a-t-elle martelé, précisant qu’un État doit sécuriser ses appuis des années avant l’échéance.
Pour Francine Muyumba, la victoire diplomatique est le fruit d’alliances préalables et non d’un simple effet d’annonce. Elle estime que « l’aval n’est qu’une formalité lorsque l’amont a été correctement maîtrisé ». Elle avertit qu’une candidature déposée « par défi » exposerait le pays à un échec évitable et préjudiciable pour l’image de marque de la nation sur l’échiquier international.
L’opposante suggère d’ailleurs au gouvernement de faire preuve de réalisme en visant plutôt le mandat suivant, afin de bâtir une stratégie solide. Elle rappelle une règle d’or des relations internationales : « La politique extérieure est toujours le reflet de la politique interne d’un pays », insistant sur la nécessité d’un climat de cohésion nationale pour porter de telles ambitions.
Analysant la dynamique actuelle au sein de l’OIF, elle note que le pays sortant, postulant à sa réélection, dispose déjà de soutiens consolidés. Sans assurances fermes, Muyumba craint une « humiliation diplomatique » pour Kinshasa, pointant du doigt ce qu’elle qualifie d’improvisation apparente de la part des autorités actuelles.
Malgré ses critiques, l’ancienne sénatrice récuse toute posture purement politicienne, affirmant placer l’intérêt supérieur de l’État au-dessus des clivages. « Je ne soutiendrai jamais l’échec de la RDC », a-t-elle conclu, tout en réitérant son souhait de voir le pays occuper un positionnement fort, mais durable, au sein des organisations internationales.
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