Face à la paralysie progressive du secteur de la santé au Kasaï, la ministre provinciale de la Santé, Odette Kama Mekanda, monte au front. Alors que les agents et cadres de la santé observent une grève générale sèche pour revendiquer sept mois d’arriérés de la paie complémentaire, l’autorité provinciale affiche une posture d’écoute, mais surtout d’engagement.
Reçue en urgence à Tshikapa ce vendredi 20 Mars 2026, la délégation de l’intersyndicale a trouvé en face d’elle une ministre attentive et visiblement marquée par la gravité de la situation. Loin d’un discours administratif classique, Odette Kama Mekanda a adopté un ton humain, se présentant comme une « mère » préoccupée par les conséquences directes de cette crise sur les populations.
Car au-delà des revendications salariales, c’est une véritable urgence sanitaire qui se profile. En seulement 48 heures de grève, la ville de Tshikapa enregistre déjà plus de dix morts, un bilan qui alarme et met la pression sur les autorités.
Consciente de l’ampleur du danger, la ministre n’a pas tardé à agir. Elle a immédiatement saisi le gouverneur de province, Crispin Mukendi Bukasa, engageant ainsi toute la chaîne décisionnelle provinciale. Dans la foulée, des démarches ont été entreprises auprès du gouvernement central, notamment du ministère national des Finances, pour tenter de débloquer une issue rapide.
Mais l’engagement d’Odette Kama Mekanda ne s’arrête pas aux démarches administratives. Elle a également lancé un appel fort aux professionnels de santé : alléger le mouvement de grève en instaurant un service minimum, afin de préserver des vies humaines. Un appel à la responsabilité, dans un contexte où chaque heure sans soins peut coûter cher.
Entre fermeté dans la défense des droits du personnel soignant et souci de protéger la population, la ministre tente de maintenir un équilibre fragile. Son implication personnelle, affichée sans détour, sera sans doute déterminante dans l’évolution de cette crise.
Daniel Ndaye
