Lors de l’ouverture de la session parlementaire de septembre 2024, le président du Sénat a plaidé pour la construction d’un nouveau bâtiment destiné à abriter le Parlement, soulignant que le Parlement ne dispose toujours pas de son propre siège officiel.

Dans son intervention lors de la séance plénière, il a déploré la situation actuelle : « Cela fait maintenant trente ans que nous utilisons le Palais du peuple de manière provisoire. Il est temps de mettre fin à cette anomalie et de profiter de notre législature pour offrir au Parlement un siège qui lui appartient. » Ce discours a été prononcé devant plusieurs hauts responsables, notamment la Première ministre Judith Suminwa, le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, ainsi que des membres du corps diplomatique.

Le Palais du peuple, construit sous la deuxième République grâce à un partenariat avec la Chine, n’était pas conçu pour des activités parlementaires. Il a pourtant été réquisitionné à cet effet, détournant ainsi son usage initial.

Le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a exhorté les sénateurs, en tant que garants des finances publiques, à soutenir l’initiative visant à doter le Parlement d’un bâtiment adapté, afin de laisser un héritage durable pour les générations futures.

Le Palais du peuple, qui abrite actuellement le Parlement, est également sous-utilisé. Plusieurs espaces, tels que la grande salle des banquets, la salle des congrès ou encore la salle Kivu, ne sont plus exploités comme auparavant, ce qui a entraîné la disparition de nombreuses activités génératrices de revenus.

Historiquement, le Parlement congolais siégeait au Palais de la Nation, un édifice construit entre 1956 et 1961 sous la colonisation belge. À partir de 1961, le Parlement s’y installe, jusqu’à ce que Joseph Kabila en fasse son bureau en 2003, forçant ainsi le Parlement à déménager au Palais du peuple.

Enfin, le Palais de la Nation est également un lieu symbolique de l’histoire congolaise, car c’est là que fut proclamée l’indépendance du pays le 30 juin 1960, lors d’une cérémonie historique tenue dans la « salle des Congrès », en présence de la statue de Léopold II.

 

Petit Ben Bukasa 

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