La République démocratique du Congo (RDC) a récemment déposé plainte contre Apple auprès des juridictions françaises et belges, accusant le géant américain de s’approvisionner indirectement en minerais dits « de sang », issus des zones de conflit dans l’Est du pays.

Dans un contexte marqué par une intensification des tensions dans la région, Apple affirme avoir cessé de s’approvisionner via le Rwanda, pays souvent accusé d’être une plaque tournante dans le transit illégal des ressources congolaises.

Dans une déclaration publique relayée par nos confrères de OPINION.CD, Apple a nié les accusations de Kinshasa. « Nous rejetons catégoriquement ces allégations. Notre engagement en faveur d’un approvisionnement responsable est total, et nous exigeons de nos fournisseurs qu’ils respectent les normes les plus strictes du secteur », a souligné l’entreprise.

Apple reconnaît cependant utiliser des minerais provenant de la RDC. Toutefois, l’entreprise explique avoir pris des mesures drastiques face à la dégradation du contexte sécuritaire. « Au début de l’année, alors que les tensions dans la région s’aggravaient, nous avons exigé de nos fournisseurs qu’ils arrêtent tout approvisionnement en étain, tantale, tungstène et or depuis la RDC et le Rwanda. Nous ne pouvions plus garantir la fiabilité des audits indépendants ni le respect des standards de certification », a précisé le groupe.

L’entreprise met également en avant ses efforts pour limiter l’impact de l’extraction minière sur l’environnement et les droits humains, citant l’intégration de matériaux recyclés dans ses produits. « Nos batteries contiennent 100 % de cobalt recyclé, et nous avons atteint 99 % de tungstène recyclé dans l’ensemble de nos appareils. Par ailleurs, nous renforçons notre soutien aux organisations locales pour venir en aide aux communautés affectées », a ajouté Apple.

Pour la RDC, les multinationales comme Apple bénéficient indirectement des minerais extraits illégalement dans des zones de conflit alimentées par des pays voisins. Kinshasa accuse particulièrement le Rwanda de servir de relais dans cette chaîne d’approvisionnement.

La plainte déposée par le gouvernement congolais, confirmée par le ministre de la Communication et des Médias Patrick Muyaya, vise à dénoncer l’exploitation illégale des ressources naturelles. « Les preuves recueillies démontrent clairement que les minerais exploités sur notre sol transitent par le Rwanda avant d’intégrer les circuits des grandes entreprises », a affirmé le ministre lors d’un point de presse.

Alors que l’Est de la RDC reste ravagé par des conflits armés, cette affaire illustre les conséquences dramatiques de l’exploitation non régulée des ressources naturelles. En s’attaquant à une multinationale comme Apple, Kinshasa espère non seulement sensibiliser l’opinion internationale, mais aussi freiner l’hémorragie économique et humaine causée par ce commerce illicite.

 

Petit Ben Bukasa

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