C’est un moment que l’Afrique centrale attendait depuis des années. Ce jeudi 29 mai 2025 à Bujumbura, capitale du Burundi, s’est tenue l’Assemblée générale constitutive du Réseau des Organes de Gestion des Élections de l’Afrique Centrale (ROGEAC), sous la présidence de Denis Kadima Kazadi, président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de la RDC.

L’événement, qualifié d’historique, concrétise de longues années d’efforts pour doter la sous-région d’un cadre institutionnel de coopération, de solidarité technique et d’échanges électoraux. Pendant deux jours, les représentants de neuf pays membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) plancheront sur les fondations de ce nouvel espace dédié au renforcement de la démocratie.

Dans son discours d’ouverture, Denis Kadima, également président du comité d’organisation, a salué une victoire collective :

« Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement de plusieurs tentatives, parfois inachevées. Moins de trois mois après la réunion de mi-mars à Accra, nous sommes prêts à lancer officiellement le ROGEAC. »

Ce nouveau réseau aura pour mission de favoriser l’apprentissage mutuel, la diffusion de bonnes pratiques et l’adoption de standards électoraux exigeants mais contextualisés, en tenant compte des réalités propres à la région.

Les travaux s’articulent autour de trois grands axes :

L’adoption des textes fondateurs du ROGEAC ;

La définition d’un plan d’action pour les deux années à venir.

Le comité élu sera chargé, dès le lendemain, de coordonner un atelier stratégique visant à établir une vision commune, des valeurs partagées et des objectifs précis pour guider le Réseau dans la durée.

L’Afrique centrale rattrape son retard

Présent à Bujumbura, S.E. l’Ambassadeur Callixte MBARI, représentant de l’Union Africaine, a salué une initiative « symbolique et fondatrice » :

 « En mettant en place le ROGEAC, vous vous offrez un espace d’échanges, de mutualisation et de renforcement de l’intégrité électorale. »

Il a rendu un hommage appuyé à feu l’Abbé Apollinaire Malu-Malu, pionnier de l’idée, tout en saluant le leadership de Denis Kadima qui, selon lui, a permis de « replacer les OGE au cœur du processus ».

L’Union Africaine a également salué le soutien des partenaires techniques comme ECES, EISA, IDEA International, ainsi que le gouvernement italien.

C’est un Burundi en pleine préparation électorale qui accueille cette naissance institutionnelle. Son président de la CENI, Prosper NTAHORWAMIYE, a exprimé sa fierté :

 « Le ROGEAC est né au Burundi. Son acte de naissance sera établi ici, sur les rives du Tanganyika. »

À quelques jours des élections législatives et communales prévues le 5 juin 2025, le pays s’impose comme un terrain d’observation et de partage d’expériences concrètes. En citant le héros de l’indépendance burundaise, Prosper NTAHORWAMIYE a lancé :

« Comme le disait le Prince Louis Rwagasore : Vous nous jugerez à nos actes. »

Avec la création du ROGEAC, l’Afrique centrale s’aligne sur les autres sous-régions du continent qui disposent déjà de structures similaires. La CEEAC, quant à elle, a marqué son accord de principe pour accueillir le siège du Réseau à Libreville, au Gabon.

 

Petit Ben Bukasa 

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