
L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, se retrouve au cœur d’une polémique qui éclaire d’un jour nouveau les coulisses du pouvoir en République démocratique du Congo. Des révélations accablantes, émanant d’un de ses proches collaborateurs, Damba, jettent une ombre sur ses relations avec le président Félix Tshisekedi.
Selon cette source, Constant Mutamba a tenu une réunion privée dans son appartement, juste avant de se rendre au deuil de son défunt directeur de cabinet. Le but de cette rencontre était d’exprimer son profond regret face au silence du chef de l’État concernant son procès. L’ancien ministre se sent trahi après avoir loyalement servi le régime pendant des années et s’indigne de voir le nouveau gouvernement annoncé avant que sa situation judiciaire ne soit clarifiée, alors qu’il aurait reçu la promesse d’être reconduit à son poste.
Les accusations de Constant Mutamba
Lors de cette réunion, Constant Mutamba aurait formulé une série de révélations explosives détaillant les missions qu’il dit avoir accomplies pour le compte du président Tshisekedi. Ces allégations, rapportées par son collaborateur, sont les suivantes :
– Création de la DYPRO : le président lui aurait demandé de créer une force politique d’opposition pour affaiblir le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), ce qui a conduit à la naissance de la Dynamique progressiste révolutionnaire (DYPRO).
– Représentation à la CENI : Félix Tshisekedi l’aurait sollicité pour désigner un membre de la DYPRO pour intégrer le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) au nom de l’opposition. Mutamba affirme avoir proposé Agée Matembo, qui fut ensuite nommé questeur.
– Recrutement au sein du PPRD/FCC : Le président lui aurait demandé de recruter des personnalités politiques du PPRD et du Front commun pour le Congo (FCC) pour qu’elles rejoignent son mouvement. Pour faciliter ces consultations, une suite lui aurait été accordée au 21e étage de l’Hôtel du Fleuve.
– Candidature présidentielle : Constant Mutamba affirme que le président Tshisekedi lui aurait demandé d’être le premier à déposer sa candidature à la présidentielle au nom de l’opposition. Le but, selon Mutamba, était de crédibiliser le processus électoral alors que le chef de l’État avait des informations selon lesquelles l’opposition n’y prendrait pas part.
– Nomination au ministère de la Justice : Le président Tshisekedi l’aurait consulté avant sa nomination, lui confiant la mission spécifique de faire juger l’ancien président Joseph Kabila et d’autres cadres de sa famille politique. Mutamba aurait accepté et s’est exécuté une fois en fonction.
« Sacrifié pour un service loyal »
Se sentant abandonné par le régime, Mutamba aurait confié à son équipe : « Aujourd’hui, je suis sacrifié pour avoir rendu un service loyal. Je vous demande d’être forts, car je pressens une vague d’humiliation préméditée dans ce procès. Mais retenez une chose, mes chers amis, si je suis arrêté, je sortirai un jour de la prison à la présidence. »
Ces déclarations, si elles sont avérées, soulèvent de nombreuses questions sur les jeux de pouvoir et les alliances politiques dans le pays, et pourraient avoir des répercussions significatives sur la scène politique congolaise. Le silence du chef de l’État sur ce dossier et la mise à l’écart de Constant Mutamba sont désormais au centre de toutes les attentions.
Rédaction
