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CE JOUR-LA… Le 16 mai 1997, fut assassiné le Général Donatien Mahele Lieko Bokungu (surnommé « Tigre »), Chef d’Etat-Major Général des Forces Armées Zaïroises (FAZ).

[La version que je présente ici est celle tirée de « L’histoire secrète de la chute de Mobutu », de François Soudan].

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En cette journée fatidique du 16 mai 1997, alors que le Boeing transportant Mobutu et sa famille de Kinshasa vers Gbadolite n’est plus qu’un point dans le ciel, chacun rentre chez soi. Objectif : fuir. Les avant-gardes de Laurent-Désiré Kabila ont été signalées à 40 km, sur la route de Kenge.

Le Général Mahele regagne son domicile à La Gombe. A 11 heures, il se rend chez le Premier ministre, le Général Likulia Bolongo. Les deux hommes discutent de la façon de faire parvenir de l’argent aux soldats, afin d’éviter un pillage généralisé. A 11h30, il est à nouveau chez lui. Le téléphone sonne : l’un de ses contacts au sein de la rébellion de l’AFDL l’appelle. Longue conversation. Il s’agit de mettre au point le plan de reddition des éléments des Forces Armées Zaïroises (FAZ). Mahele convient de gagner Lusaka, dans la journée du 17, où il annoncera solennellement à Laurent-Désiré Kabila le ralliement des FAZ.

En milieu d’après-midi, Mahele se rend une nouvelle fois chez le Premier ministre, le Général Likulia. Puis revient à La Gombe, d’où il appelle, à Bruxelles, son ami Wilson Omanga : « Je te téléphonerai samedi soir de Lusaka, tout sera fini ». Déjà, les généraux Nzimbi et Baramoto ont fui. Il est 23h, en ce jeudi 16 mai, lorsque le Premier ministre Likulia appelle Mahele. Le Premier ministre, qui s’apprête à trouver refuge à l’ambassade de France, signale au général Mehele un début de soulèvement au camp Tshatshi. « La Division Spéciale Présidentielle (DSP) veut sortir et tout piller ! » « J’y vais », répond Mahele. Folie? Le général se sent investi d’une mission: empêcher la destruction de Kinshasa, éviter un bain de sang. C’est là-dessus, il en est persuadé, qu’il joue son avenir politique. Sans doute pense-t-il aussi que, privés de leur chef, Nzimbi, les éléments Ngbandis de la DSP sauront l’écouter.

Mahele saute dans un 4×4 avec son chauffeur et un garde du corps. Un pick-up d’escorte, avec dix militaires à son bord, le précède. Aux abords du camp, premier barrage : l’escorte reste sur place. Mahele continue seul, avec ses deux compagnons. Le 4×4 pénètre dans l’enceinte. Là, le chef d’état-major se retrouve face à une centaine d’hommes surexcités, entre drogue et alcool, qui refusent de lui rendre les honneurs. Parmi eux, le Général Wezago, l’adjoint du Général Nzimbi. La veille au soir, Wezago avait participé à la 2è réunion chez Mobutu, au cours de laquelle on évoqua les « traîtres » à éliminer.

« Que viens-tu faire ici? Tu as trahi! Tu n’as pas fait la guerre! », hurle Wezago. « Calme-toi, répond Mahele, l’AFDL est dans les faubourgs, demain ils seront là, vous n’avez aucune chance, déposez les armes! » Wezago devient fou : « Comment! Toi qui as laissé mourir la DSP, tu nous donnes des ordres! » Il sort son pistolet et tire l’atteignant à la jambe. Le garde du corps, qui veut intervenir, est abattu. Le chauffeur a déjà fui. En un bond, Mahele s’est projeté sur le côté. Il fait une nuit d’encre. On le cherche, on ne le trouve pas. Un soldat dit : « C’est toujours comme ça avec lui, il a de bons fétiches ». Mais Wezago ne veut pas lâcher sa proie. À la lumière d’une lampe torche, on finit par le repérer, tapi sous le 4×4. On l’extirpe de force, le remet debout. Un major de la DSP s’approche par derrière et d’un coup de pistolet à silencieux lui loge une balle dans la nuque. Mahele s’effondre, foudroyé.

Entre temps, les soldats de l’escorte sont allés prévenir Kongulu Mobutu, alias « Saddam Hussein », l’un des fils de Mobutu, qui fait de la résistance à l’hôtel Intercontinental (il y’avait pris des otages afin, dans une tentative de désespoir. En vain). A bord d’un petit blindé, Kongulu se rend au camp Tshatshi. Des rafales de Kalachnikov l’accueillent. Les soldats perdus de la DSP, dont beaucoup seront abattus le lendemain par les « libérateurs » de l’AFDL ou lynchés par les Kinois, ont perdu la raison.

Kongulu téléphone son père qui se trouvait à Gbado. Il téléphone aussi au Premier ministre, le Général Likulia, lui demanda de prendre les dispositions nécessaires pour se sauver des griffes des militaires de la DSP qui, déchaînés, s’étaient mis à courir vers les maisons des officiers. Le lendemain, 17 mai, les troupes de l’AFDL de Laurent-Désiré Kabila investissent Kinshasa, la capitale

 

Benjamin Babunga Watuna

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