Une énième manifestation, une nouvelle preuve de la dérive brutale d’un système censé protéger ses citoyens. Ce lundi 30 septembre 2024, les conducteurs de motos-taxis, excédés par des années de tracasseries policières, ont pris d’assaut les rues de Kintambo Magasin à Kinshasa, scandant des slogans contre ceux qui sont devenus leurs persécuteurs : la police routière. Un rassemblement qui n’est que la manifestation d’un ras-le-bol légitime contre des actes barbares, répétés et impunis.

Comment expliquer que des agents chargés de réguler la circulation se transforment en bourreaux, en maîtres de l’extorsion et de la violence ? Sous couvert de contrôles routiers, ces policiers s’attaquent quotidiennement à ceux qui ont fait de leur moto leur seul moyen de subsistance. Ces conducteurs, souvent jeunes, précaires et désarmés, sont soumis à des contrôles intempestifs, à des amendes arbitraires et, trop souvent, à des violences physiques pour un billet glissé discrètement.

Les images de ces centaines de motards réunis pour crier leur colère sont accablantes. Pourtant, les réformes promises par les autorités restent des mirages. Pire encore, la culture de l’impunité continue de prospérer au sein de la police. L’insécurité n’est plus seulement l’œuvre des criminels de droit commun, elle s’est installée dans les rangs mêmes de ceux qui devraient veiller à la tranquillité publique.

Il est grand temps de s’interroger sur la légitimité de cette force policière qui, dans de trop nombreuses circonstances, ressemble à une milice incontrôlée, prête à tout pour s’enrichir sur le dos des plus vulnérables. Les autorités doivent cesser de fermer les yeux. Il est urgent que des sanctions sévères et immédiates soient prises pour éradiquer ces pratiques qui entachent l’image de l’État de droit.

«Trop, c’est trop. Les abus systématiques, les actes barbares, les extorsions doivent cesser.» a lancé un motard

 

Petit Ben Bukasa 

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