La République Démocratique du Congo, souvent qualifiée de pays-solution face à la crise climatique, se dote enfin d’un instrument clé pour ses ambitions environnementales. Ce mardi 19 août 2025, un tournant décisif a été opéré au cœur du Fonds d’Intervention pour l’Environnement, le FIPE, avec l’installation officielle de sa nouvelle direction. C’est un nouveau leadership, et une promesse forte : celle de la transparence, de l’action, et de la fin de la corruption.
C’était un jour de passation de pouvoir, mais surtout de prise de conscience. Au siège du FIPE à Kinshasa, l’air était électrique. Le Fonds d’Intervention pour l’Environnement, une institution créée pour catalyser les financements climatiques, est sorti de sa torpeur.
Après des années de direction par intérim, une nouvelle ère s’ouvre avec la nomination de Manassé Ngadi Muanda au poste de Directeur Général. À ses côtés, le Conseil d’Administration a été installé, sous la présidence du Sénateur Ngindu Biduya Cédric. L’objectif est clair : mettre en œuvre l’agenda du gouvernement en matière de lutte contre le changement climatique, conformément à son Programme d’Action 2024-2028.
Dans une salle remplie des agents et partenaires, le nouveau DG a frappé fort. Son discours a mis l’accent sur la rupture avec les pratiques du passé. Il a affirmé avec conviction : « La RDC a un problème avec l’argent. Partout, on parle de détournements et de corruption, mais chez nous, nous allons montrer l’exemple. Revenez dans six mois, vous verrez de quoi nous sommes capables. Nous ne sommes pas des politiciens, mais des techniciens. Les actions vont parler. »
Un message percutant qui résonne avec les préoccupations d’un pays qui peine à transformer ses ressources en développement. Mais qui est ce nouvel homme fort de l’environnement ?
Manassé Ngadi Muanda n’est pas un inconnu. Il se présente lui-même comme un « fils de la maison », un technicien et non un politicien. Ses titres académiques impressionnent : il est doctorant en Économie publique à l’UNIKIN, et également en Stratégie et Défense. Il a même enseigné à l’université, et a dirigé l’Agence Congolaise de l’Environnement de 2017 jusqu’à sa nomination. Un parcours qui conforte son discours de technicien attaché à la transparence.
Son engagement est profond. Il a martelé : « Depuis l’université, j’ai travaillé sur la corruption. Mon mémoire de licence portait sur ce sujet. Je suis anticorruption et je demande à mes collaborateurs l’honnêteté et la sincérité. »
Une expertise solide et une posture de moralisateur qui posent les bases d’une gouvernance qu’il souhaite irréprochable. Le FIPE, c’est bien plus qu’un bureau. C’est le nerf de la guerre environnementale. Son rôle est de collecter et de distribuer des fonds pour la protection de l’environnement, la biodiversité et le développement durable. Il doit permettre à la RDC d’honorer ses engagements internationaux.
Jusqu’à présent, le Fonds fonctionnait au ralenti. L’enjeu pour la nouvelle équipe, c’est de passer de la théorie à la pratique. C’est de mobiliser les financements nécessaires et de les mettre au service de la population. L’enjeu reste sa capacité à mettre en œuvre des projets concrets capables de renforcer la résilience de la RDC face aux changements climatiques.
La soirée qui a suivi la cérémonie de remise et reprise a d’ailleurs donné le ton. Dans une ambiance de franche collaboration, le nouveau Directeur a tenu à rassurer ses équipes. « Chacun de vous va garder son poste. Je ne vais changer personne », a-t-il affirmé. Un geste fort pour instaurer la confiance. Mais la contrepartie est claire : « sachez que chaque Franc congolais du FIPE doit être justifié. »
La page des nominations est tournée. L’heure est à l’action. Avec un nouveau conseil d’administration et une direction qui promet l’honnêteté et l’efficacité, le FIPE a toutes les cartes en main. Les yeux du pays sont désormais tournés vers cette équipe, qui devra transformer ses promesses en projets concrets. Car comme l’a si bien dit le nouveau DG : « Les actions vont parler. » Oui, mais il faudrait aussi que les partenaires, notamment les operateurs économiques, s’acquittent de leur devoir pour doter cette institution des ressources financières afin de mener à bien sa mission.
Rédaction
