Les jeunes et les acteurs de la société civile de Beni se sont réunis ce jeudi 15 octobre 2026 pour commémorer le 12ᵉ anniversaire des massacres de civils attribués aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Organisée autour du feu du souvenir, cette commémoration a été marquée par des appels à la collaboration avec les services de sécurité, à une mobilisation nationale et internationale, ainsi que par un témoignage poignant d’une survivante qui réclame justice pour les victimes.

Au cours de cette rencontre, les participants ont rendu hommage aux personnes tuées lors des massacres et rappelé la nécessité de maintenir vivante la mémoire des victimes. Au-delà du devoir de mémoire, cette activité a également été l’occasion d’interpeller la jeunesse et les différentes couches de la société sur leur rôle dans la recherche de la paix et de la sécurité dans la région de Beni.

Prenant la parole autour du feu du souvenir, Paluku Kavota a appelé les jeunes à renforcer leur collaboration avec les services de sécurité afin de contribuer à mettre fin aux massacres. Il a insisté sur l’importance de l’engagement des jeunes dans la prévention des violences, notamment par une collaboration responsable avec les services compétents et le partage d’informations susceptibles de contribuer à la protection des populations.

Cet appel intervient dans un contexte où la participation communautaire est considérée comme un élément important dans les efforts de prévention des attaques et de sécurisation des zones affectées par les violences.

De son côté, Stewart Muhindo a plaidé pour une mobilisation nationale et internationale afin de pousser les groupes armés loin des zones habitées et de permettre aux populations de vivre en sécurité. Il a souligné la nécessité d’une action collective impliquant les autorités nationales, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux pour faire face à l’insécurité persistante dans la région.

Pour lui, la recherche d’une paix durable exige une implication qui dépasse les seules communautés locales. Une mobilisation à différents niveaux demeure nécessaire pour protéger les civils, soutenir les populations affectées et favoriser le retour à une vie normale.

Christine réclame justice et reconnaissance pour les victimes

La commémoration a également été marquée par le témoignage de Madame Christine, une survivante qui a vécu l’épreuve d’une prise d’otage. Revenant sur cette expérience douloureuse, elle a évoqué le traumatisme subi et les séquelles psychologiques que de telles violences peuvent laisser chez les personnes qui les ont vécues.

Au-delà de son témoignage, Christine a plaidé pour que justice soit rendue aux victimes des massacres et des violences liées aux ADF. Pour elle, la reconnaissance des souffrances endurées par les victimes et leurs familles constitue une étape essentielle dans le processus de réparation et de reconstruction.

Son plaidoyer met en lumière les attentes des survivants, qui souhaitent voir leurs souffrances reconnues, les responsabilités établies et les auteurs des crimes répondre de leurs actes devant la justice. Cette démarche contribuerait à redonner leur dignité aux victimes et à leur permettre de se sentir pleinement reconnues dans leur douleur et leur combat pour la vérité.

Son témoignage rappelle également que les conséquences des massacres ne se limitent pas aux pertes en vies humaines. Les survivants doivent souvent affronter des traumatismes durables, la peur et des difficultés à reprendre une vie normale. D’où l’importance d’associer aux efforts sécuritaires un accompagnement psychologique, une assistance sociale et des mécanismes de justice et de réparation.

Un devoir de mémoire et un appel à l’action

Cette commémoration du 15 octobre 2026 aura ainsi permis aux jeunes et aux acteurs de la société civile de Beni de renouveler leur engagement en faveur de la paix, tout en rappelant les attentes des victimes et des survivants.

Entre la collaboration avec les services de sécurité défendue par Paluku Kavota, la mobilisation nationale et internationale réclamée par Stewart Muhindo et l’appel à la justice lancé par Christine, un même message se dégage : la fin des massacres, la protection des civils et la reconnaissance des victimes doivent rester au cœur des efforts pour une paix durable dans la région de Beni.

Armel KALIBANDA

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