Dans une polémique qui agite l’actualité congolaise il y a 24h, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a vivement réagi aux propos de Jean-Pierre Bemba Gombo, ministre des Transports, accusant l’Église catholique d’avoir détourné un don du président destiné aux 47 diocèses de la République. Ces déclarations, faites le 4 décembre 2024 lors de l’émission Face à Face sur Top Congo FM, ont été qualifiées d’irrespectueuses par la CENCO.

Par la voix de Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général, la CENCO a rejeté en bloc ces accusations, rappelant que la gestion de ces fonds a été effectuée de manière rigoureuse et vérifiable. « Ces propos sont une atteinte à l’intégrité de notre institution et à sa mission au service de la population », a affirmé le prélat dans un communiqué. La CENCO prévoit un droit de réponse public pour défendre son honneur et rétablir la vérité

L’incident intervient dans un contexte où l’Église catholique joue un rôle clé dans la société congolaise, notamment en matière d’éducation, de santé et de gouvernance. Des experts estiment que cette querelle pourrait compromettre la collaboration déjà délicate entre l’Église et le gouvernement sur des questions essentielles, comme la lutte contre l’insécurité et le renforcement de la bonne gouvernance mais aussi la révision ou le changement de la constitution.

Jean-Pierre Bemba, déjà critiqué pour son inaction face à des crises récentes, telles que les naufrages meurtriers sur le fleuve Congo, voit sa gestion remise en question. Ses propos à l’encontre de la CENCO pourraient être perçus comme une tentative de diversion face aux nombreuses critiques qui l’accablent sur d’autres fronts.

Cette polémique reflète un climat de méfiance entre des institutions pourtant appelées à travailler main dans la main pour répondre aux défis colossaux de la RDC. Alors que les Congolais attendent des solutions concrètes aux problèmes d’infrastructures et de sécurité, ces différends risquent d’éloigner encore davantage l’élite politique des réalités du terrain.

L’affaire met en évidence les rapports conflictuels entre le politique et le religieux, dans un pays où les deux sphères ont souvent dû coexister, non sans heurts. La suite de ce bras de fer pourrait redéfinir les relations entre l’Église et l’État, dans un contexte où la confiance des citoyens envers leurs dirigeants est en déclin.

 

Petit Ben Bukasa 

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