La lutte contre l’insécurité urbaine à Kinshasa s’intensifie. En moins d’un mois, 127 criminels urbains, communément appelés « Kuluna », ont été transférés de la prison centrale de Makala vers la prison de haute sécurité d’Angenga, dans la province de l’Équateur. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des opérations «Zéro Kuluna» et « Ndobo», pilotées par les Vice-premier ministre, ministre de l’intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo, en collaboration avec le ministre de la justice et garde des sceaux Constant Mutamba.
Une troisième vague de transferts
Ce dimanche 5 janvier 2025, une troisième vague de 70 Kuluna a été transférée à Angenga, quelques jours après un second transfert de 57 criminels, opéré le samedi 4 janvier. Ces mesures viennent s’ajouter à la première vague de condamnés, transférés pour exécution le 8 décembre 2024.
Lors de l’annonce de cette nouvelle vague, le ministre de la Justice a une fois de plus souligné sa détermination à éradiquer le phénomène Kuluna :
« Je l’ai promis, et je tiendrai parole. Nous mettrons un terme à ce phénomène qui endeuille les familles et paralyse nos quartiers. Ces criminels doivent comprendre que la justice est là pour protéger la population et garantir la sécurité de tous ».
Les trois vagues de transferts illustrent une stratégie coordonnée entre les ministères de la Justice et de l’Intérieur pour neutraliser les Kuluna, responsables d’actes de violence et de terreur dans la capitale congolaise. Ces transferts massifs vers Angenga, une prison de haute sécurité située à plusieurs centaines de kilomètres de Kinshasa, visent à éloigner ces criminels de leur environnement habituel et à briser les réseaux qui alimentent leur influence.
Jacquemin Shabani, Vice-Premier Ministre chargé de l’Intérieur, a salué cette opération comme un pas décisif vers la restauration de l’autorité de l’État :
« Kinshasa doit redevenir une ville où les citoyens vivent sans peur. Ce combat pour la sécurité ne fait que commencer, mais nous avons franchi une étape importante » .
La population divisée mais majoritairement satisfaite
Si ces mesures drastiques, incluant la peine de mort pour certains condamnés, suscitent des débats dans l’opinion publique, une grande partie de la population de Kinshasa salue l’initiative comme une réponse ferme à une insécurité devenue insoutenable.
Dans les quartiers les plus touchés par le phénomène Kuluna, les habitants expriment un sentiment de soulagement :
« Ces transferts montrent que les autorités prennent enfin nos préoccupations au sérieux. Ces gangs ont détruit trop de vies, et il était temps d’agir » témoigne un résident de la commune de Limete.
Cependant, certains défenseurs des droits de l’homme appellent à une approche plus équilibrée, qui privilégierait la prévention et la réinsertion pour les jeunes vulnérables, souvent recrutés par ces bandes criminelles.
Une justice dissuasive et protectrice
Pour le ministre Constant Mutamba, ces transferts ne sont pas une fin en soi, mais une étape dans un processus plus large visant à restaurer la paix sociale et la sécurité. La fermeté affichée par les autorités envoie un message clair : les actes de violence et de criminalité organisée ne resteront pas impunis.
« Nous devons montrer à tous, et surtout à la jeunesse, que le crime ne paie pas. La justice n’est pas une vengeance, mais un outil pour protéger la majorité des citoyens et garantir une société saine », a-t-il déclaré.
Au-delà des transferts, les autorités envisagent de renforcer les initiatives de prévention et de réinsertion. Des programmes destinés à offrir des alternatives aux jeunes des quartiers défavorisés sont en discussion, afin de s’attaquer aux causes profondes du phénomène Kuluna.
Avec 127 criminels déjà éloignés de la capitale en l’espace de quelques semaines, l’opération Ndobo marque une étape clé dans la lutte contre l’insécurité urbaine. Toutefois, le succès à long terme de cette initiative dépendra de la capacité des autorités à allier fermeté, prévention, et réinsertion. Kinshasa attend maintenant de voir si ces mesures contribueront réellement à la restauration d’une paix durable.
Franck N. K.
