Ils n’avaient ni projecteurs, ni budgets conséquents. Pourtant, lors des Jeux de la Francophonie, ils ont imposé leur présence… par l’exemple. Armés de sacs et d’une volonté inébranlable, les jeunes de la structure Geste Qui Compte ont sillonné les sites de compétition pour ramasser les déchets abandonnés, les acheminer vers des circuits de recyclage et rappeler, en silence, que la citoyenneté ne s’attend pas : elle s’exerce.
Ce bénévolat engagé, salué par de nombreux observateurs, n’était qu’un avant-goût. Aujourd’hui, cette organisation qui fédère plus de 100 environnementalistes poursuit son combat écologique avec méthode et détermination. Dernière action en date : le curage de la rivière Yolo, à hauteur de la 12ᵉ Rue à Kinshasa, en partenariat avec Rawbank. Une opération concrète qui contribue à l’assainissement urbain et à la prévention des inondations dans une ville régulièrement confrontée à ces défis.
Mais Geste Qui Compte ne se limite pas au terrain. L’organisation investit aussi dans l’éducation environnementale. À cette occasion, elle a présenté un ouvrage destiné aux enfants, « Les Déchets : Initiation des enfants à la gestion et au tri des déchets », signé par son président national, Chérubin Mupene. Un outil pédagogique qui vise à semer, dès le plus jeune âge, les graines d’une conscience écologique durable.
Sur le plan de l’innovation, les résultats sont déjà palpables. L’organisation a dévoilé plusieurs produits issus du recyclage : des pavés fabriqués à partir de déchets plastiques, des pots de fleurs conçus avec des matériaux récupérés, ainsi que des engrais biologiques issus de déchets biodégradables. Une démonstration concrète que l’économie circulaire n’est pas un concept abstrait, mais une réalité accessible et porteuse d’emplois verts.
Désormais présente à Kinshasa, dans le Kwango, le Kasaï Oriental et le Haut-Katanga, Geste Qui Compte gagne du terrain et attire de nouveaux partenaires. Récemment, une bienfaitrice a même mis à disposition des terrains pour soutenir ses activités de recyclage. Mais malgré cette dynamique, les besoins restent importants, notamment en équipements et matériels adaptés pour maximiser l’impact des actions.
Face à ces enjeux, l’organisation lance un appel aux autorités publiques, aux partenaires techniques et financiers, aux entreprises et aux citoyens : soutenir cette jeunesse engagée, c’est investir dans l’avenir écologique du pays. Car derrière chaque déchet recyclé, c’est une opportunité qui naît, un emploi qui se crée, et un environnement qui respire.
En RDC, ils sont encore peu nombreux, mais leur message est puissant : le changement commence par un geste. Et ce geste, pour eux, compte.
Petit Ben Bukasa
