Une école détruite peut être reconstruite, mais un enfant privé de savoir porte en lui une cicatrice indélébile. C’est en ces termes que la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a dénoncé, ce mardi 4 mars 2025, l’ampleur du drame éducatif qui frappe l’Est de la RDC sous occupation rebelle.
Devant la presse, aux côtés du ministre de la Communication, Patrick Muyaya, la ministre n’a pas mâché ses mots : l’occupation des territoires congolais par les rebelles du M23/AFC, soutenus par le Rwanda, ne se limite pas à une guerre territoriale. Elle constitue aussi une attaque directe contre l’avenir du pays, avec plus d’un million d’élèves privés d’école et des parents pris au piège entre la peur et l’impuissance.
À Goma, Bukavu et dans d’autres territoires sous menace, l’école est devenue un luxe inaccessible. Entre les bombardements et l’insécurité, les salles de classe sont désertées, tandis que 1 483 écoles ont fermé leurs portes et 35 autres ont été réduites à néant. Face à cette situation, Raïssa Malu parle sans détour d’un double crime : la destruction des infrastructures scolaires d’un côté, et l’atteinte psychologique sur les enfants de l’autre.
« Au-delà des murs écroulés, ce sont des esprits que l’on brise. Nous devons tous comprendre que l’impact est plus profond qu’une école rasée ou un banc calciné. C’est l’enfant lui-même qui est en danger. »
La RDC refuse d’être spectatrice de cette catastrophe. Raïssa Malu a assuré que le gouvernement ne ménage aucun effort pour que l’instruction ne s’éteigne pas dans ces zones en crise. Un dispositif éducatif multimodal est en cours d’élaboration, combinant enseignement à distance et soutien psychosocial, avec l’appui de partenaires financiers et humanitaires.
« L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action. La priorité, c’est d’assurer un minimum d’apprentissage à ces enfants, même à distance, et de leur permettre de se reconstruire mentalement. Car priver un enfant d’éducation, c’est hypothéquer tout un pays. »
Si la guerre détruit, le savoir construit. Reste à voir si la volonté affichée du gouvernement suffira à contrer cette attaque silencieuse contre l’avenir de toute une génération
Petit Ben Bukasa
