L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) exprime son inquiétude face aux négociations engagées entre Kinshasa et le M23 sous l’égide du président angolais João Lourenço. Dans un communiqué publié en mars 2025, l’organisation citoyenne met en garde contre ce qu’elle considère comme une capitulation face aux groupes armés et une menace directe pour la souveraineté de la République démocratique du Congo (RDC).
L’ODEP dresse un état des lieux alarmant de la situation sécuritaire en RDC, mettant en lumière l’occupation continue de l’Est du pays par le M23 et d’autres groupes armés soutenus par le Rwanda.
Selon l’organisation, cette présence militaire s’accompagne d’une infiltration progressive de populations rwandaises dans les zones conquises, notamment à Bukavu et Goma, transformant ainsi le paysage démographique et stratégique du pays.
« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir », cite l’ODEP en référence à Frantz Fanon, soulignant ainsi le risque de voir la génération actuelle des Congolais perdre la bataille pour la souveraineté nationale.
Un rapport de force défavorable pour Kinshasa
L’ODEP pointe également du doigt l’avancée continue du M23 et de l’AFC sous l’appui de Kigali, ainsi que l’incapacité des Forces armées de la RDC (FARDC) à organiser une riposte efficace. « Une armée sans commandement est comme un corps sans âme », rappelle le communiqué en reprenant Sun Tzu, illustrant la désorganisation et la faiblesse des forces loyalistes face à l’ennemi.
Cette situation est aggravée par les divisions internes, notamment au sein des groupes d’autodéfense Wazalendo, dont une partie aurait prêté allégeance aux forces adverses. « Là où il y a division, il y a défaite », rappelle l’ODEP en citant Machiavel, mettant en garde contre le risque d’un effondrement de la résistance congolaise.
Des négociations sous pression internationale
Sur le plan diplomatique, l’ODEP dénonce la position fragile du président Félix Tshisekedi, qu’elle considère comme contraint d’obéir aux injonctions des chefs d’État africains et des puissances occidentales, souvent alignées sur les intérêts de Kigali. « Les forts font ce qu’ils peuvent et les faibles subissent ce qu’ils doivent », cite le communiqué en reprenant Thucydide, pour illustrer le rapport de force défavorable dans lequel la RDC se retrouve piégée.
Les négociations de Luanda, selon l’ODEP, ne seraient qu’un leurre destiné à imposer de nouvelles concessions à Kinshasa. L’organisation fustige également la diplomatie économique menée par le gouvernement congolais, estimant que l’échange de la paix contre les ressources minières du pays constitue une menace pour la souveraineté économique de la RDC.
Face à cette situation, l’ODEP appelle à une riposte nationale urgente et à une mobilisation populaire pour défendre l’intégrité du territoire. Une grande marche pacifique est prévue à Kinshasa et dans les chefs-lieux des provinces pour dénoncer toute tentative de soumission du pays aux intérêts étrangers.
L’organisation exhorte également la société civile à jouer son rôle de vigie pour garantir la transparence et la bonne gouvernance, rappelant que « aucun développement ne peut être durable si l’on ne s’attaque pas efficacement à la corruption », comme l’avait affirmé Kofi Annan.
Enfin, l’ODEP met en garde contre toute participation aux négociations de Luanda qui pourrait être perçue comme une reddition déguisée. « La diplomatie sans armes, c’est la musique sans instruments », prévient le communiqué, insistant sur la nécessité d’une position ferme pour préserver les intérêts de la nation.
Dans un contexte où l’avenir de la RDC est en jeu, l’ODEP appelle à un sursaut patriotique et à l’unité nationale pour empêcher toute décision qui mettrait en péril la souveraineté du pays. « Chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir », conclut l’organisation, exhortant les Congolais à prendre leur destin en main pour défendre l’intégrité de leur territoire.
Petit Ben Bukasa
