Par Dr Ilunga NZUMALA M.

 

Le procès de Joseph Kabila Kabange n’est pas un acte de justice. C’est une manœuvre politique, une diversion grossière orchestrée par un régime en pleine dérive, sans cap, sans autorité, et sans légitimité. Pendant des années et jusqu’à ce jour, l’UDPS et ses relais ont martelé que Kabila était rwandais, étranger au destin de la RDC. Mais aujourd’hui, devant les tribunaux, c’est en tant que Congolais qu’on le présente. Cette contradiction spectaculaire expose le cynisme d’un pouvoir prisonnier de ses propres mensonges. Cette affaire est le symbole d’une gouvernance schizophrène : dire une chose, faire son contraire, puis accuser autrui du chaos généré.

Tshilombo et son gouvernement ne cherchent ni la justice, ni la paix : ils s’accrochent à la propagande, à la diversion, et à l’agitation. Comment peut-on, en pleine négociation avec le M23 groupe que le pouvoir accuse d’être lié à Kabila, engager un procès contre ce même homme ? Cette posture n’est pas seulement illogique ; elle est profondément ambivalente, irresponsable, et dangereuse. Elle révèle un pouvoir qui souffre d’un dédoublement politique permanent, voulant la paix et la guerre en même temps, le pardon et la vengeance, la justice et l’acharnement.

Pendant ce temps, Goma et Bukavu sont aux mains des rebelles. L’armée recule. La diplomatie patine. L’économie s’effondre. Le peuple souffre. Et que fait Tshilombo ? Il agite un dossier politique contre un ancien président, comme si cela allait guérir les plaies de l’Est ou remplir les hôpitaux du Kasaï. Ce pouvoir a échoué sur toute la ligne, et cherche désormais à fabriquer des ennemis pour cacher son incompétence.

Ce procès est aussi un très mauvais signal pour l’Afrique. Il démontre que, sous ce régime, tout dirigeant qui ose quitter le pouvoir risque d’être traîné dans la boue par ses successeurs. Ce climat de vengeance post-mandat tue l’esprit de l’alternance démocratique. Il pousse les chefs d’État à s’éterniser au pouvoir, non pas par soif, mais par peur. Tshilombo ne construit pas l’État de droit ; il l’instrumentalise à des fins politiques.

Soyons clairs : la personne de Kabila, sa supposée nationalité, ou sa présence dans l’Est n’empêchent en rien la bonne gestion du pays aujourd’hui. Ce qui empêche la République de se relever, c’est l’incompétence, l’ambition clanique, et la gestion chaotique de Tshilombo et de ses affidés. Ce procès est un écran de fumée, un leurre médiatique, un aveu d’échec total.

En vérité, Tshilombo et son gouvernement incarnent une République molle, bavarde, incapable de produire des résultats, mais toujours prompte à accuser les autres. Ce procès ne changera rien à l’avenir du Congo. Il ne guérira aucune blessure. Il ne ramènera ni la paix, ni la sécurité, ni la dignité du peuple congolais. Il restera dans l’histoire comme le procès d’un régime en fin de souffle, cherchant des boucs émissaires plutôt que des solutions.

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