Dans les rues de Goma, ce jour de tension, la psychose s’est rapidement répandue, alimentée par des rumeurs persistantes concernant une potentielle prise de Sake par les terroristes du M23, soutenus par l’armée rwandaise (RDF).
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont attisé les craintes : on y aperçoit des colonnes de Wazalendos et une jeep chargée de militaires de la Garde Républicaine (GR) quittant la zone de combat. Cependant, ces images ne constituent pas une preuve formelle de la chute de Sake.
La situation demeure confuse, aucune communication officielle n’étant venue clarifier la situation. Il est 12h locale. Une autre rumeur, colportée par des plaisantins, suggérait même la fermeture de la frontière entre la RDC et le Rwanda, ce qui s’est avéré être totalement faux. A la Grande Barrière comme à la Petite Barrière, les opérations aux postes frontières se poursuivent normalement.
Le mouvement des populations, bien que significatif, suit un schéma classique en période de conflit : les habitants quittent les périphéries de Sake pour se réfugier dans le centre de Goma. Un comportement somme toute normal en temps de guerre.
À midi, des détonations résonnaient sur les collines surplombant Kanyamahoro. La Route Nationale 2 a été momentanément interrompue, contraignant les motards en partance pour Rutshuru à faire demi-tour. Des renforts des FARDC ont quitté la ville en direction de la ligne de front.
Malgré ces mouvements, la population de Goma continue de vaquer à ses occupations, preuve d’une résilience remarquable face à l’incertitude.
Un tournant s’est dessiné vers 14h15, lorsque trois hélicoptères des FARDC ont décollé de l’aéroport de Goma, manifestement destinés à renforcer le front de Sake et à déloger les forces ennemies.
Il est crucial de rappeler que, moins de 72 heures auparavant, les localités de Bweremana et Minova, dans le Sud-Kivu, étaient tombées aux mains du M23 / RDF.
Seul le temps nous dira l’issue de cette nouvelle confrontation. Pour l’heure, Goma respire, entre anxiété contenue et espoir de paix.
La Redaction
