La tension est montée d’un cran à Isiro. Dans le chef-lieu du Haut-Uélé, la population a paralysé la ville pour dénoncer l’insécurité persistante et ce qu’elle considère comme l’inaction du pouvoir provincial.
Commerces fermés, circulation quasi inexistante : le message est clair. Les habitants accusent les autorités locales, au premier rang desquelles le gouverneur, d’avoir relégué la sécurité au second plan, au profit d’intérêts privés, notamment dans l’exploitation aurifère.
Mais au-delà du ras-le-bol populaire, un autre élément alimente les inquiétudes : les liens familiaux entre le gouverneur et Corneille Nangaa, aujourd’hui associé à la rébellion de l’AFC-M23. Originaires de la même zone, plusieurs sources locales évoquent une proximité qui suscite interrogations et suspicion dans un contexte sécuritaire déjà fragile.
Ces doutes prennent une dimension particulière alors que la province est encerclée par plusieurs menaces : groupes armés actifs dans les zones voisines, incursions signalées à Mungbere, et risque d’infiltration. Dans ce climat, l’attitude du gouverneur est scrutée de près, certains lui reprochant un silence et une passivité jugés préoccupants.
En toile de fond, une question dérange : l’instabilité actuelle est-elle simplement le fruit d’une gouvernance défaillante ou s’inscrit-elle dans une dynamique plus complexe pouvant favoriser certaines ambitions politico-militaires ?
Face à ces signaux, Kinshasa est appelé à réagir sans tarder. Car à Isiro, la colère populaire ne faiblit pas, et le moindre faux pas pourrait transformer cette crise locale en un foyer d’instabilité aux conséquences imprévisibles.
Petit Ben Bukasa
