Conformément aux principes d’équilibre de l’information et au respect du droit de réponse, la rédaction publie ci-dessous, dans son intégralité, la mise au point du Gouvernement provincial du Haut-Uélé, en réaction à notre article intitulé « Haut-Uélé : Isiro en ébullition, le gouverneur sous pression sur fond de soupçons liés à Nangaa », publié le 19 juin 2026.

La rédaction reste attachée à la rigueur journalistique, à la vérification des faits et à la pluralité des points de vue, dans le strict respect des règles professionnelles.

 

Mise au point et droit de réponse

Le Gouvernement provincial du Haut-Uélé a pris connaissance de l’article publié le 19 juin 2026 sous le titre : « Haut-Uélé : Isiro en ébullition, le gouverneur sous pression sur fond de soupçons liés à Nangaa ».

Tout en prennant en compte les préoccupations légitimes exprimées par une partie de la population au sujet de la sécurité des personnes et de leurs biens, le Gouvernement provincial rejette avec fermeté les accusations, amalgames et insinuations politiques contenus dans cette publication.

1. La sécurité demeure une priorité du Gouvernement provincial

Contrairement aux affirmations faisant état d’une prétendue inaction, le Gouvernement provincial travaille avec les Forces armées de la République démocratique du Congo, la Police nationale congolaise et les autres services compétents pour répondre aux menaces sécuritaires qui touchent certaines zones de la province.

Le 20 mai 2026, le Gouverneur Jean Bakomito Gambu a notamment remis aux FARDC deux véhicules Land Cruiser et trois camions Sinotruk destinés à renforcer la mobilité et la capacité logistique des unités engagées dans la sécurisation de la province.

Par ailleurs, les FARDC ont annoncé, le 5 juin 2026, des opérations de ratissage sur l’axe Isiro–Mungbere contre les éléments ADF, invitant la population à limiter temporairement ses déplacements et à collaborer avec les services de sécurité. Ces opérations relèvent du commandement militaire, auquel l’Exécutif provincial apporte son soutien dans le cadre de ses compétences.

Ces faits démontrent que les autorités provinciales ne sont ni silencieuses ni passives face aux défis sécuritaires.

2. Les préoccupations de la population sont entendues

Le Gouvernement provincial ne conteste pas le droit de la population d’exprimer pacifiquement et légalement ses préoccupations. Il considère chaque revendication relative à la sécurité avec sérieux.

Cependant, une manifestation ou une journée de paralysie des activités ne saurait être transformée en preuve d’une prétendue complicité du Gouverneur avec un mouvement armé.

Le Gouvernement demeure disponible pour le dialogue avec les représentants de la population, les mouvements citoyens, les opérateurs économiques, les confessions religieuses et les organisations de la société civile, dans le respect des lois de la République.

3. Les accusations relatives à des intérêts aurifères ne sont pas documentées

L’article affirme que la sécurité aurait été reléguée au second plan au profit d’intérêts privés liés à l’exploitation aurifère. Pourtant, il ne présente aucun document, aucun rapport d’audit, aucune décision judiciaire ni aucun témoignage clairement identifié permettant d’étayer une telle accusation.

Le Gouvernement provincial invite toute personne disposant d’éléments sérieux concernant une éventuelle infraction à les transmettre aux institutions de contrôle, aux services d’enquête ou à la justice, plutôt que de propager des accusations anonymes dans les médias.

4. Aucun lien politique ou sécuritaire avec Corneille Nangaa n’est démontré

Le Gouvernement provincial rejette catégoriquement toute insinuation de proximité politique, opérationnelle ou militaire entre le Gouverneur Jean Bakomito Gambu, Corneille Nangaa ou l’AFC-M23.

Une origine géographique commune ou un prétendu lien familial ne constitue ni une preuve de collusion ni un élément permettant d’imputer à une autorité publique une participation à une entreprise armée.

La publication concernée ne présente aucun fait vérifiable, aucune pièce matérielle, aucune conclusion d’un service de sécurité et aucune décision judiciaire établissant une quelconque implication du Gouverneur.

Le Gouverneur Jean Bakomito Gambu reste engagé aux côtés du Presidenf de la Republique Chef de l’Etat, des institutions de la République et des forces de défense et de sécurité pour préserver l’intégrité territoriale, protéger les populations et faire échec à toute tentative de déstabilisation du Haut-Uélé.

5. Une coopération effective avec le Gouvernement central

L’affirmation selon laquelle Kinshasa devrait intervenir comme si les autorités provinciales étaient isolées ne correspond pas aux faits.

Le 14 juin 2026, une assistance du Gouvernement central a été remise aux populations déplacées affectées par les incursions des ADF. À cette occasion, le Gouverneur a appelé la population à l’unité, à la vigilance et à la collaboration avec les institutions compétentes.

Cette intervention illustre la concertation existante entre le Gouvernement provincial, le Gouvernement de la République, les élus et les services de sécurité.

6. Appel à la responsabilité des médias

Le Gouvernement provincial demeure attaché à la liberté de la presse et au droit des journalistes d’enquêter et d’interpeller les autorités.

Cette liberté doit toutefois s’accompagner de vérification, de confrontation des sources, de respect de la présomption d’innocence et de présentation équilibrée des faits.

Dans une province confrontée à des menaces sécuritaires, l’utilisation de rumeurs familiales ou communautaires pour suggérer une complicité avec une rébellion risque d’alimenter la peur, les divisions et la désinformation.

 

Sé ARAMA ODINGO-KIRO Emmanuel, 

Ministre provincial de la communication et medias, porte parole du Gouvernement.

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