Fragilisé par la disparition de plusieurs figures de l’AFC-M23 dans les zones sous contrôle rwandais  notamment Magloire Paluku et Willy Ngoma et inquiet après l’interpellation de certains de ses proches issus du PPRD, dont Maître Yannick Tshisola, l’ancien président de la CENI serait désormais gagné par une profonde inquiétude pour sa sécurité.

Selon plusieurs sources, Nangaa redouterait un sort similaire à celui réservé autrefois à certains leaders de l’AFDL non alignés, parmi lesquels Ngandu Kisase ou encore Wamba-dia-Wamba. Une peur persistante qui le pousserait à envisager de nouveaux points de chute loin des foyers actuels de tension.

Dans cette optique, deux provinces attireraient particulièrement son attention : le Lualaba et le Haut-Uélé. La première, marquée par un climat social jugé volatile et des tensions identitaires latentes, pourrait offrir un terreau favorable à des manœuvres d’influence. Certains propos tenus récemment au sein de l’Assemblée provinciale laissent d’ailleurs entrevoir une inquiétude diffuse face à un avenir incertain, révélateur d’un contexte politique sous tension.

Mais c’est surtout vers son fief d’origine que se tourneraient les regards. Au Haut-Uélé, Nangaa pourrait compter sur des relais familiaux, notamment au sommet de l’exécutif provincial. Des soupçons évoquent même une possible stratégie d’enracinement, appuyée par des réseaux locaux et des ressources logistiques, incluant des sites agricoles supposément utilisés à des fins obscures.

Dans ce schéma, les richesses minières de la région constitueraient un enjeu majeur. Certains observateurs estiment que ces ressources pourraient servir de levier financier dans un contexte où les alliances politiques évoluent et où les sanctions internationales reconfigurent les rapports de force.

Par ailleurs, des voix s’élèvent pour alerter sur une montée inquiétante de l’insécurité à Isiro, une situation inhabituelle pour cette zone. Des manifestations récentes de la population contre la vie chère et l’insécurité alimentent les spéculations, certains y voyant les prémices d’un scénario déjà observé dans l’Est du pays.

En toile de fond, la crainte d’une déstabilisation plus large persiste. Des analystes redoutent que les investissements stratégiques engagés dans ces provinces — notamment dans les secteurs minier et environnemental — ne soient fragilisés. Le parc de la Garamba, récemment renforcé par l’introduction de nouveaux rhinocéros, symbolise à lui seul ces acquis menacés.

Face à ces signaux, plusieurs observateurs appellent le gouvernement central à faire preuve de vigilance accrue, afin de prévenir toute dérive sécuritaire susceptible de replonger ces régions dans une spirale de violence.

 

Hervé Ilunga

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