La situation à la tête de la mairie de Lubumbashi continue de s’enliser dans une crise institutionnelle aux allures de bras de fer politico-judiciaire. Moins de 24 heures après les violents affrontements entre les partisans de Patrick Kafwimbi, nommé maire par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, et ceux de Joyce Tunda, réhabilitée récemment par le Conseil d’État, une nouvelle étape vient d’être franchie.
Dans un télégramme officiel daté du 4 août et adressé au gouverneur du Haut-Katanga, le VPM de l’Intérieur intime l’ordre à Joyce Tunda Kazadi, en sa qualité de maire adjointe de Lubumbashi, de se rendre à Kinshasa dans un délai de 48 heures pour consultation. Le message, au ton martial, stipule notamment :
« VOUS ENJOINDRE STOP TOUTES AFFAIRES CESSANTES STOP VOUS DEVEZ AUTORISER STOP MADAME TUNDA KAZADI STOP MAIRE ADJOINTE DE LA VILLE DE LUBUMBASHI STOP DE REJOINDRE KINSHASA STOP POUR MOTIF CONSULTATION STOP ENDEANS 48 HEURES STOP »
Cette démarche intervient dans un climat de confusion où la légitimité du pouvoir exécutif local reste disputée entre les décisions judiciaires et les ordonnances administratives. Alors que Joyce Tunda évoque la décision du Conseil d’État pour justifier sa présence à la tête de la mairie, l’administration centrale insiste sur la nomination récente de Patrick Kafwimbi comme maire par intérim.
L’interpellation de Madame Tunda par le VPM Shabani semble vouloir désamorcer les tensions grandissantes et reprendre la main sur un dossier qui embarrasse jusqu’au sommet de l’État. Le télégramme se clôt sur une formule sans équivoque
« PROMPTE EXÉCUTION STOP SENTIMENTS PATRIOTIQUES FULLSTOP »
Il reste à voir si cette convocation aboutira à un apaisement ou à un nouvel épisode dans cette bataille politico-administrative qui secoue la capitale économique du Haut-Katanga.
Rédaction
