De nouvelles tensions diplomatiques émergent autour du conflit dans l’est de la RDC, après des accusations formulées par la Russie évoquant une implication ukrainienne aux côtés du mouvement AFC/M23. À ce stade, aucune preuve tangible n’a été présentée pour étayer ces allégations.
Tout part d’une déclaration du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, faite le 10 juillet à Bujumbura. Il a affirmé que des « représentants étrangers », incluant des Ukrainiens, soutiendraient le M23. Une sortie qui contraste avec une position plus nuancée exprimée quelques jours plus tôt par une diplomate russe devant le Conseil de sécurité de l’ONU, évoquant plutôt la présence possible de mercenaires expérimentés dans le conflit ukrainien, sans lien direct avec l’État de Kiev.
Face à ces accusations, l’Ukraine a réagi sans ambiguïté. Son ministère des Affaires étrangères dénonce une « désinformation » attribuée au Kremlin et rejette toute implication dans le conflit congolais. De son côté, l’AFC/M23 nie catégoriquement la présence d’éléments ukrainiens dans ses rangs.
Kinshasa, pour sa part, adopte une posture prudente. Les autorités congolaises se sont limitées à rappeler la qualité de leurs relations avec Kiev, sans commenter directement les affirmations russes.
Sur le terrain, la question de l’usage croissant des drones reste centrale. Des enquêtes indépendantes, notamment celles des Nations unies, ont mis en évidence l’utilisation d’équipements d’origines diverses — chinoise, turque ou encore européenne — souvent assemblés de manière à rendre leur traçabilité difficile. Un rapport onusien mentionne également l’emploi de drones Bayraktar TB2 par l’armée rwandaise.
Cependant, aucune de ces investigations, qu’elles proviennent de l’ONU ou d’organisations spécialisées, n’établit de lien entre ces équipements et une quelconque implication ukrainienne.
Dans ce contexte, les accusations russes apparaissent isolées et non corroborées, alimentant davantage les tensions diplomatiques que la compréhension réelle des dynamiques du conflit dans l’est de la RDC.
Source : Radio France Internationale (RFI)
