Le Système des Nations Unies en République démocratique du Congo se veut rassurant. Le recensement général de la population, en préparation, ne viendra en aucun cas compromettre l’organisation des élections dans les délais constitutionnels.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 15 juillet au quartier général de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), le coordonnateur résident a.i., Damien Mama, a tenu à clarifier la position du système onusien face aux préoccupations grandissantes autour de ce processus.
« Le recensement est une opération importante pour la planification du développement, mais il ne peut pas empiéter sur l’organisation des élections dans les délais prévus par la Constitution », a-t-il insisté, appelant à dissocier clairement les deux processus.
Cette mise au point intervient dans un contexte marqué par la présentation du rapport de résultats Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable (2025-2029), qui vise à renforcer l’appui stratégique aux politiques publiques en RDC.
Dans son propos introductif du rapport annuel 2025, le coordonnateur résident souligne que cette nouvelle phase de partenariat entre l’ONU et le gouvernement congolais s’inscrit dans un environnement particulièrement complexe, caractérisé notamment par la persistance des crises sécuritaires à l’Est, la pression sur les finances publiques et la baisse de l’aide internationale.
Malgré ces défis, le système onusien revendique des avancées notables, notamment en matière d’accès aux services sociaux de base, de protection des populations vulnérables et de cohésion sociale. Il met également en avant une évolution stratégique, privilégiant désormais le conseil et l’accompagnement des politiques publiques pour soutenir des réformes structurelles durables.
En terme de chiffres, 31 414 emplois créés, 110683 personnes ont accédé à des services financiers digitaux, 15025 ménages intégrés dans des mécanismes d’inclusion financière, 4700 jeunes, femmes et acteurs communautaires formés pour l’emploi, 174439 enfants enregistrés à l’État civil digitalisé…
Damien Mama a par ailleurs rappelé l’importance d’une approche coordonnée entre les différents partenaires gouvernement, institutions internationales, secteur privé et société civile pour réussir la transformation économique du pays et consolider la paix.
Cependant, des contraintes financières importantes subsistent. Seulement 35 % des ressources nécessaires ont été mobilisées en 2025, limitant la portée des interventions, notamment dans des secteurs clés comme la gouvernance et les systèmes de données.
Dans ce contexte, l’ONU appelle à un renforcement de la mobilisation des ressources internes et à une meilleure qualité de la dépense publique afin de garantir des résultats durables.
Au-delà des chiffres, le message est clair : le développement de la RDC repose sur une action collective, cohérente et soutenue dans le temps. Et pour le système des Nations Unies, cela ne saurait se faire au détriment du respect des engagements constitutionnels, notamment en matière électorale.
Petit Ben Bukasa
